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Un peu de poésie bretonne

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Pays de Nantais, Évariste Boulay-Paty, né à Donges (1804-1864)

Que j’aime mon vieux bourg, mon vieux bourg de Bretagne
Avec sa grève aride et sa rude campagne
Lui que la grande mer berçe de son bruit sourd
Et qu’endorment les vents. Je t’aime mon vieux bourg.

Pays de Retz, Joseph ROUSSE (1838-1909), dans un recueil intitulé « Poésie Bretonnes »

Après avoir parcouru la Bretagne et visité les tombeaux de Chateaubriand, de Brizeux, de Boulay-Paty, je traversais la Loire pour rentrer au Pays de Retz. C’était un soir de Printemps, et je rêvais, en regardant l’horizon vers l’embouchure du fleuve. Le ciel était couvert d’un immense manteau violet dont le bord, au couchant, se rayait de bandes de pourpre. Ces bandes pâlirent peu à peu et prirent des teintes orangées ; puis le soleil, qui était caché derrière les nuages, parut comme un globe d’or dont les rayons s’allongeaient sur les eaux grises. Tout en admirant le ciel et ses couleurs, je songeais aux contrées que je venais de parcourir, et, leur comparant mon pays natal dont j’apercevais les rives, je me disais qu’il n’était pas indigne des autres pays bretons.Je voyais ces bords de Loire, si frais en avril, quand les peupliers et les saules se parent de leur feuillage, si mélancoliques en hiver, quand l’air est chargé de sombres nuées ; l’imagination me montrait les côtes de l’océan bordées de dunes où j’avais passé tant d’heures charmantes à suivre des cours d’eau sinueux et limpides, à travers des vallées sablonneuses toutes fleuries d’œillets, de thlaspi blanc, d’euphorbes veloutés, de chardons bleus, de giroflées qu’on dirait poudrées avec une poussière de cristal. Je croyais revoir les grèves immenses, les rochers couverts de goémons et d’algues vertes, habités par des oiseaux plaintifs, la pointe de Saint-Gildas avec son magnifique horizon, la baie de Bourgneuf et ses falaises, les salines qui étincellent comme des miroirs parmi les champs de fèves aux fleurs parfumées, les vallons boisés et les plaines arides, les rives monotones du lac de Grand-Lieu, dont les eaux recouvrent une ville engloutie. Puis embrassant d’un souvenir tout ce pays de Retz, parsemé de débris celtiques, de vieux donjons et de jeunes églises, pensant à ces populations, toujours fidèles aux croyances et aux chansons d’autrefois, comptant ses jolis bourgs et ses petites villes pittoresques, Machecoul, la vieille capitale, Pornic, aimé des artistes et chanté par Brizeux, Paimboeuf, la ville silencieuse et déchue, je me répétais qu’il ne déparait pas la Bretagne, que Nominoë avait eu bon goût en désirant l’adjoindre à son royaume, et que les bretons de Retz, au temps où la patrie bretonne était libre, avaient bien le droit de placer leur écusson, d’or à la croix de sable, au quatrième rang parmi les armes des neuf anciens barons de Bretagne.

Pays de Retz, Jean Mounès (co-fondateur et premier conservateur du musée du Pays de Retz)

La nature lui a donné ses limites que l’Histoire a respectées : au nord, la Loire dont les eaux grises bordent d’actifs coteaux, à l’ouest, l’océan aux rivages contrastés, passant des arcs sablonneux de Saint-Brévin ou des Moutiers à l’éperon rocheux de Saint-Gildas. Au sud, le Marais Breton dont les terres presque neuves ont, au cours des siècles, chassé les eaux de la « Baie de Bretagne » et le petit cours d’eau du Falleron.

A l’est, les limites du Pays de Retz ont été ce que les hommes les ont faites, courant au mieux entre le confluent de la Loire et de la Sèvre et la petite rivière de la Boulogne.

Pas de hautes collines, tout juste 74 m près de Saint Colomban, mais des dépressions nombreuses où les eaux pénètrent largement, des coteaux bien tournés où murissent les seuls vins de Bretagne, le Gros Plant et le Muscadet notamment, des prés gras qui font de la contrée un « pays du lait et du beurre », quelques lambeaux de forêts afin que rien ne manque!

Pays de la vigne donc, naguère encore pays du sel, le beau sel de la Baie de Bourgneuf, le Pays de Retz se présente un peu comme le visage méridional de la Bretagne tant il est vrai que cette dernière est variée, aussi bien pour ses hommes que pour ses paysages. Ainsi dès la Loire, entre les rideaux de chênes ou d’ormes, l’on voit apparaître la petite maison de schiste gris-vert, blanchie, longue et basse, avec son toit de tuiles rondes, rouge passé.

 

sources:

Pour Joseph Rousse,  Histoire et histoires par Patbdm
Pour Evariste Boulay-Paty,  Wikipedia
Pour Jean-Mounes,   Sant-Yann, Recherches, Sauvegarde et Valorisation de la Culture Populaire du Pays de Retz

 

 

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Un commentaire

  1. Yannig

    23 juin, 2009 à 11:58

    Je ne connaissais pas.
    Merci de faire découvrir ces lignes enrichissantes.

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