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Le « dynamisme » des régions administratives Bretagne et Pays de la Loire à l’échelle européenne

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Les édiles de nos régions administratives Bretagne et Pays de la Loire mettent souvent en avant le dynamisme de leurs régions, et on nous présente le classement des régions françaises comme preuve de ce dynamisme. Ainsi la région Bretagne administrative serait la 7ème région économique française, la région des Pays de la Loire 5ème. Et de ce classement, on tire la conclusion que ces régions sont « fortes ».

Si on parle du PIB des régions, il semble évident pour tout le monde que, plus la région sera peuplée, plus la région aura des chances d’être forte. Mais est-ce que les habitants seront « forts » pour autant ? Pour juger du succès d’une région, (et de la politique de décentralisation) il semble plus judicieux de considérer le PIB par habitant de cette dernière. Et comparer cette valeur avec celles obtenues par les autres régions d’Europe.

Un des outils intéressant que propose Eurostat (organe de la Commission Européenne) est le suivi du PIB par habitant exprimé en « SPA », et ce pour toutes les régions d’Europe. Je vous laisse lire les explications d’Eurostat quant à l’intérêt de cette mesure.

« En exprimant le PIB en SPA (standards de pouvoir d’achat), on élimine les différences de niveaux de prix entre les pays. Les calculs par habitant permettent de comparer des économies et des régions présentant d’importantes différences en taille absolue. Le PIB régional par habitant en SPA est la variable principale pour déterminer si les régions du niveau NUTS 2 sont susceptibles de bénéficier d’une aide dans la cadre de la politique structurelle de l’Union Européenne. »

On va donc retenir comme mesure pour chaque région son PIB/habitant exprimé en pourcentage de la valeur « EU-27 » (le PIB/européen dans l’Europe des 27 ramené à 100). Ainsi si l’habitant de la région d’Hambourg produit deux fois plus de richesse que l’européen moyen (ce qui est le cas), la note attribuée à la région d’Hambourg sera 200 (ou 200%), celle du citoyen européen sera 100.

Il se trouve que ces données sont en ligne sur Eurostat, vous pouvez donc les consulter. Donc je vais extraire ces données puis les trier par ordre décroissant afin d’établir un nouveau classement. Sur la base des données 2006 (je n’ai pas trouvé mieux) qu’observe-t-on ?

1.   Les Pays de la Loire sont 130ème avec une note de 99, en dessous de la moyenne de 1 point. Ce qui veut dire que le PIB/habitant en Pays de la Loire est inférieur de 1% à la moyenne européenne. La Bretagne administrative quant à elle est 139ème du classement, avec un score de 96,4.  Ce n’est glorieux ni pour l’une ni pour l’autre. Les deux régions ayant des notes en dessous de 100.  Peux-t-on vraiment qualifier ces régions de « fortes » ?

2.   Il est aussi intéressant de regarder l’évolution de cette note pour les deux régions entre 2002 et 2006.  Les Pays de la Loire sont passés de 105,6 en 2002 à 99 en 2006 donc. La Bretagne administrative est, elle, passée de 99,7 (2002) à 96,4 (2006). Régression donc pour les deux régions. On constate que ces deux régions progressent moins vite que le reste de l’Europe.

3.   Continuons l’analyse du classement. On trouve dans le sommet du classement les régions “capitales”. Le gagnant est la « City” (Inner London) avec une note de 335,9. L’Ile de France est en 6ème position (169,7). Après il faut aller à la 79ème position pour trouver une région française (Rhône-Alpes), PACA étant 108ème. Alors que le Royaume Uni à une dizaine de régions (*) dans le top 50, l’Allemagne 7 ou 8 (*) l’Espagne 4 (*), la France n’en a qu’une seule, l’Ile de France.

(*) Pour le Royaume Uni, l’Allemagne et l’Espagne j’ai parcouru le top 50 rapidement, je me suis peut-être trompé d’une ou deux unités pour le Royaume Uni et l’Allemagne mais les ordres de grandeur sont les bons.

4.   On notera aussi la présence de régions dont l’identité régionale est forte dans ce top 50 dont la Catalogne, le Pays basque, North Eastern Scottland et Eastern Scottland. Et je ne parle pas d’Hamburg (4ème) qui est aussi une région à forte identité.  Même chose pour l’Italie et son Val d’Aoste (qui dispose d’une forte autonomie au sein de l’Italie) et qui est à la 50ème position. Et je ne parle que des régions que je connais à peu près, je suis sûr qu’on en trouvera facilement d’autres (ne serait-ce qu’aux Pays-bas, en Belgique ou en Italie).

En conclusion, et au vu de ces chiffres tout à fait officiels puisque ce sont les chiffres utilisés par la Commission Européenne, on constate que nos deux régions administratives ne sont décidemment ni aussi fortes, ni aussi dynamiques qu’on voudrait nous le faire croire. En effet, si on considère le PIB/habitant de ces deux régions, celui-ci est légèrement en dessous de la moyenne européenne, et l’on constate de plus un certain recul depuis 2002.

Enfin, le redécoupage régionale dans l’ouest de la France est visiblement un échec. Il s’époumone à vouloir donner un sens à ce qui n’en a pas et va donc à l’encontre des synergies, des affinités qui existaient, en Bretagne du moins, depuis des siècles. Des régions comme le Val D’Aoste, la Catalogne, le Pays Basque, les régions d’Ecosse nous montre le chemin à suivre.

 

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